La violence conjugale (VC) et la violence dans les relations amoureuses (VRA) sont des enjeux majeurs à Montréal-Nord. En effet, bien que la proportion de femmes et adolescentes victimes de VC soit deux fois supérieure à Montréal-Nord (7,12 %) qu’à Montréal (3.89 %), les victimes doivent faire face à des lacunes dans l’offre de services. Cette situation a été aggravée par la pandémie, qui a fragilisé la situation économique et sociale déjà précaire des femmes et a entraîné une hausse de la violence conjugale et des féminicides. Le portrait de la VC et de la VRA chez les jeunes à Montréal-Nord et de l’offre de service en la matière (Cousineau & al, 2019) ainsi que la démarche d’élaboration du plan d’action collectif en VC, ont révélé de nombreux besoins afin de prévenir la VC et la VRA, entre autres la présence de lieux sécuritaires permettant de fuir la violence.
"Cet enjeu s’inscrit dans le plan puisqu’il s’agit d’un phénomène inquiétant dans l’arrondissement de Montréal-Nord, ce plan s’inscrit dans notre engagement pour répondre à l’ampleur de la violence conjugale et des violences dans les relations intimes des femmes et des filles." Les membres de la Table femmes Osez au féminin (TFOF).
Le comité Sécurité des filles, des femmes et de leurs enfants du Plan de développement social de Montréal-Nord (PDS) regroupe plusieurs partenaires du territoire engagés dans la prévention de la violence et la création de milieux plus sécuritaires pour toutes et tous, afin de croiser les expertises terrain, jeunesse et violence conjugale et relationnelle pour développer des actions concrètes de sensibilisation et de prévention.
En 2026, le comité se réuni afin de développer des actions de sensibilisation à travers une première campagne d'affichage. Développée dans le cadre du projet Jeunesse en Harmonie, cette campagne aborde des réalités vécues au quotidien par les jeunes : contrôle dans les relations, cyberviolence, intimidation, violences relationnelles et difficulté à parler de ces situations.



Cette campagne de sensibilisation a été développée dans le cadre du projet Jeunesse en Harmonie par le comité Sécurité des filles, des femmes et de leurs enfants (SFFE) du PDS, en collaboration avec plusieurs partenaires communautaires et institutionnels du territoire.
À travers une série d’affiches inspirées des échanges numériques et des réseaux sociaux, la campagne aborde différentes réalités vécues dans les relations interpersonnelles et en ligne, comme le contrôle, la cyberviolence, l’intimidation et les violences relationnelles.
L’objectif est d’ouvrir la discussion, encourager une prise de conscience collective et faire connaître les ressources et espaces de soutien disponibles à Montréal-Nord. Les affiches invitent également à partager des réalités et des expériences vécues afin de nourrir les actions de sensibilisation et de prévention développées collectivement dans la communauté.
Vous trouverez sur cette page les visuels de la campagne, des ressources d’aide et d’accompagnement ainsi que différents outils pour poursuivre la réflexion et favoriser des milieux plus sécuritaires, respectueux et bienveillants pour toutes et tous.
Vous êtes un partenaires du milieu et vous souhaitez amplifier l'impact de cette campagne ? Retrouvez-ici les visuels accompagnés du Guide de sensibilisation de la campagne
Dans le cadre de cette campagne et du travail collectif mené par le comité Sécurité des filles, des femmes et de leurs enfants, des partenaires du territoire ont également collaboré au recensement du vocabulaire existant afin d'avoir un vocabulaire commun autour des violences faites aux femmes et des violences relationnelles.
Cet outil vise à faciliter la compréhension de certains termes utilisés par les intervenant.e.s, les organismes et les institutions, tout en les rendant plus accessibles aux jeunes et à la communauté. En partageant des définitions et des réalités communes, cette démarche souhaite encourager le dialogue, soutenir la sensibilisation et favoriser une meilleure compréhension des différentes formes de violence pouvant être vécues au quotidien ou en ligne.
Ce vocabulaire commun se veut un outil évolutif, accessible et ancré dans les réalités du terrain et des personnes concernées.
Violence conjugale (VC) : Traditionnellement, le terme « violence conjugale » renvoie aux violences vécues dans le cadre d’une relation de couple, souvent associée au mariage. C’est un mot encore très présent dans l’espace public et dans l’offre de services. Mais il ne reflète pas toujours la réalité des jeunes, qui ne se reconnaissent pas dans le mot conjugal.
Violence dans les relations intimes (VRI) : La VRI propose une vision plus large et plus inclusive : elle englobe toutes les formes de relations amoureuses, même sans mariage ou cohabitation. Ce terme est essentiel pour que les adolescent.e.s et jeunes adultes puissent mettre des mots sur ce qu’ils et elles vivent, et pour qu’on puisse mieux les accompagner.
Violence entre partenaires intimes (VPI) : Issu du milieu de la recherche, le terme VPI englobe toutes les violences dans des relations intimes, qu’il s’agisse de couples mariés, en union libre ou de relations amoureuses chez les jeunes. C’est un concept plus neutre, qui permet de mieux comprendre la diversité des réalités vécues.
Ce vocabulaire est notamment issu des rapports de la recherche Vers des changements systémiques pour éliminer la violence envers les adolescentes et les femmes immigrantes.
Rapport I Rapport II Rapport III
Pour parler d’un.e partenaire / statut de la relation
Hook up / one night : un.e partenaire d’un soir seulement, peut-être une personne hors de l’entourage habituel des jeunes, un.e partenaire vu.e comme éphémère.
Avoir un crush : avoir de l’intérêt par la personne
Être dans la talking stage : période où les personnes apprennent à se connaître (messages, appels, sorties), avec un intérêt mutuel, mais sans statut officiel.
Être officiel / être exclusif : moment où les personnes définissent leur relation comme un couple / et s’engagent à ne pas voir d’autres partenaires.
Être dans une situationship : relation ambiguë sans engagement clair, où les attentes et les sentiments peuvent être flous ou inégaux.
Reconnaissance de la violence
Se faire gaslighter / faire du gaslighting : situation où une personne fait douter l’autre de ses souvenirs, de ses perceptions ou de sa compréhension des événements, ce qui peut créer de la confusion et une perte de confiance en soi.
Être dans une relation toxique : relation dans laquelle une personne vit régulièrement du stress, du mal-être, de la peur ou se sent diminuée, plutôt que soutenue et respectée.
Se faire manipuler / se faire jouer : situation où une personne influence les émotions, les choix ou les comportements d’une autre pour obtenir ce qu’elle veut, souvent sans tenir compte de ses besoins.
« C’est toxique » : expression utilisée pour décrire un comportement, une situation ou une personne qui nuit au bien-être, au respect ou à la sécurité émotionnelle.
Être un red flag : signe ou comportement qui peut indiquer un problème potentiel dans une relation, comme le contrôle, la jalousie ou le non-respect des limites.
Faire du love bombing : comportement qui consiste à donner beaucoup d’attention, d’affection ou de cadeaux de façon intense et rapide, ce qui peut créer un attachement fort et rendre plus difficile de voir certains comportements problématiques par la suite.
Être dans la honeymoon phase : période où tout semble aller très bien dans la relation, souvent au début ou après un conflit, ce qui peut parfois masquer ou faire oublier des comportements blessants.
Être victime de body shaming / faire du body shaming : fait de critiquer, juger ou se moquer du corps d’une personne, ce qui peut affecter son estime de soi et son bien-être.
Revenge sex : relation sexuelle motivée par le désir de se venger ou de provoquer une réaction chez quelqu’un, plutôt que par un désir partagé et un consentement clair.
Se faire stalker / stalker quelqu’un : fait de surveiller de manière répétée et insistante les activités d’une personne, en ligne ou dans la vie réelle, ce qui peut devenir envahissant et inquiétant.
Cyberviolence
Se faire ghoster / ghoster quelqu’un : fait de couper soudainement toute communication avec une personne sans explication, ce qui peut laisser l’autre dans l’incompréhension et la détresse.
Checker la Snap map / autre outils de géolocalisation dans le but de surveiller : utiliser la localisation d’une application pour suivre les déplacements d’une personne sans son accord ou dans une intention de contrôle.
Leaker des photos intimes / nudes : partager des images ou vidéos intimes d’une personne sans son consentement.
Exemple de banalisation de la violence
« Il/elle me met la pression » : insiste où pousse à faire quelque chose malgré l’hésitation ou le refus du partenaire
« Il/elle force un peu » : ne respecte pas les limites ou le consentement du partenaire
« Il/elle est possessif.ve » : cherche à contrôler les actions du partenaire, peut-être de la jalousie excessive
« Il/elle fait ça car il/elle tient à moi » : justifie des comportements de contrôle ou de violence au nom de l’amour
« C’est juste des messages » : minimise l’impact de propos ou de comportements en ligne, alors qu’ils peuvent être répétés, intrusifs ou violents
Certaines situations peuvent soulever des questions, faire écho à des expériences vécues ou simplement donner envie d’en parler. Cette section rassemble différentes ressources d’aide, d’écoute et d’accompagnement disponibles pour les jeunes, les proches et toute personne souhaitant obtenir du soutien ou de l’information.
Que ce soit pour soi-même ou pour quelqu’un de son entourage, il est possible de demander de l’aide, poser des questions et être accompagné.e dans un espace sécuritaire et bienveillant.

Qu'est-ce que le contrôle coercitif ?

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En cas de violence conjugale, de contrôle dans une relation intime, de harcèlement ou si une situation vous inquiète pour vous-même ou une personne de votre entourage, il existe des ressources d’écoute, d’accompagnement et d’hébergement accessibles gratuitement et de manière confidentielle.
Vous n’avez pas besoin d’attendre qu’une situation « soit grave » pour demander de l’aide. Parler à quelqu’un peut être une première étape importante.
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